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Le 24 janvier 2026 restera sans doute comme une date à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire politique récente d’Haïti. L’avenir en jugera. Ce jour-là, le Kongrè Patriyotik pou yon Sovtaj Nasyonal (KPSN) a rendu public le rapport issu d’un travail rigoureux et méthodique visant à dégager une formule consensuelle, réaliste et responsable pour éviter la crise de gouvernance qui menace le pays à l’approche du 7 février, date marquant la fin du mandat du CPT et du gouvernement en place, si rien n’est fait pour l’anticiper et la gérer de manière patriotique, structurée et pragmatique.
Pour la première fois, le secteur universitaire, renforcé par une vingtaine d’organisations de la société civile, tant du pays que de la diaspora, a pris l’initiative d’un vaste processus de réflexion, de concertation citoyenne et souveraine. L’objectif : dégager des réponses consensuelles et pertinentes à la crise multidimensionnelle qui plonge Haïti dans le chaos et risque de s’aggraver davantage si l’on laisse place à une transition arbitraire.
Animé par des valeurs de patriotisme, d’unité, d’intégrité et de solidarité, et porteur de la vision d’un État souverain, inclusif et durable, au service de son peuple, le Congrès patriotique s’est donné pour mission de promouvoir une transition ultime, légitime et ordonnée, à travers le dialogue national, la participation citoyenne et la mise en œuvre d’une feuille de route articulée autour de quatorze grands chantiers de reconstruction politique, économique et sociale, à savoir :
- Transition ultime : définir la forme et les modalités de la transition
- Sécurité : répondre aux défis sécuritaires et rétablir l’ordre public
- Justice transitionnelle et réinsertion, dans un contexte exceptionnel
- Éducation pour tous : une éducation de qualité accessible à tous
- Constitution : opportunité de réformes pour renforcer la gouvernance
- Élections : cadre électoral clair et sécurisé pour des scrutins libres et transparents
- Pouvoir judiciaire et appareil de justice : réformes en profondeur
- Gouvernance politique responsable : réforme du cadre réglementaire
- Assainissement de l’État : lutte contre la corruption et renforcement de la transparence
- Décentralisation politique et économique pour un développement régional équilibré
- Relance de l’économie : stratégies pour sortir d’une économie asphyxiée
- Mesures sociales d’urgence face à la catastrophe humanitaire
- Éthique, morale et responsabilité sociale : campagnes de sensibilisation
- Dialogue national pour un Pacte social de renouveau national
Cependant, face à l’urgence liée à l’approche de la date fatidique du 7 février et au risque d’explosion sociale, le KPSN a fait le choix pragmatique de prioriser le traitement des axes 1, 2 et 6, relatifs à la gouvernance, à la sécurité et aux élections, trois dimensions étroitement imbriquées.
C’est précisément le fruit de ce travail rigoureux, scientifique et non partisan qui a été restitué au grand public lors d’une présentation tenue samedi dernier, dans la perspective de cheminer vers une transition satisfaisante et adaptée au contexte haïtien. Les conclusions mises en lumière ne traduisent nullement une position partisane du KPSN, mais résultent d’un processus méthodique étalé sur dix mois, s’appuyant notamment sur :
- l’organisation de douze congrès (dix régionaux, un dans la diaspora et un congrès national de synthèse),
- l’analyse de plus de 80 contributions,
- la participation à trois tables rondes internationales sur Haïti,
- plus d’une centaine de rencontres bilatérales avec les parties prenantes : acteurs politiques, membres du CPT et du gouvernement, secteurs organisés de la société (secteur privé, syndicats, corps de métiers, secteur religieux, associations citoyennes et diaspora),
- la réalisation de deux sondages,
- et une analyse approfondie assortie d’une synthèse.
Le rapport met en évidence les points de convergence ayant fait l’unanimité parmi les différents acteurs rencontrés. Sur cette base, il propose trois formules de transition, plébiscitées pour leur crédibilité et leur caractère rassembleur. De par sa méthodologie, ce travail est susceptible de rencontrer un écho favorable au sein de la société dans son ensemble et de contribuer à dépasser les querelles partisanes. Il appelle enfin à la mise en place d’un mécanisme juste, inclusif et objectif, permettant aux différentes parties prenantes d’aboutir à un choix consensuel en vue d’assurer la transition vers des élections honnêtes et crédibles.
Je vous laisse en juger par vous-même via les liens menant aux rapports qui devoilent l’intégralité du travail effectué.
Il faut reconnaître qu’une initiative d’une telle ampleur, portée avec autant de sérieux et d’engagement, contribue à faire renaître un espoir que l’on croyait, ces derniers temps, sérieusement émoussé.
Rapport sommaire : Les Options viables de Gouvernance de transition --> Téléchargez
Rapport détaillé : Les Options viables de Gouvernance de transition --> Téléchargez le rapport
Rapport final sur la conclusion des travaux sur la gouvernance de transition --> Téléchargez le rapport final
