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Dans son éditorial du 25 septembre 2025, la revue Nature identifie avec justesse la nécessité pour les universités d'innover pour pouvoir survivre au « moment le plus crucial » de leur histoire. Si l'article se concentre sur les pressions financières, les politiques hostiles et les défis de l'IA dans les pays du Nord, il passe toutefois à côté d'une dimension cruciale de l'innovation mondiale : la nécessité de partenariats scientifiques véritablement équitables.

Les universités sont universellement reconnues comme des moteurs de croissance économique et de mobilité sociale. Cependant, ce mandat est souvent compromis par des modèles de collaboration obsolètes entre les grandes institutions du Nord et les universités performantes du Sud. Pendant trop longtemps, le modèle dominant a davantage fonctionné comme une forme d'extraction de la recherche que comme un partenariat collaboratif, dans lequel le Nord dicte principalement l'agenda et accapare la propriété intellectuelle, traitant les institutions du Sud principalement comme des sites de collecte de données.

Cette pratique est en contradiction directe avec la capacité d'innovation sur laquelle les universités doivent désormais s'appuyer pour prospérer.

On doit s’interroger : comment le monde universitaire mondial peut-il réellement bénéficier d’idées nouvelles si la structure de coopération scientifique entre pays du nord et du sud marginalise la production de connaissances dans les régions confrontées aux défis sociétaux et environnementaux les plus complexes ?

La véritable innovation exige une transition fondamentale vers la co-création et la co-construction de savoirs. Des partenariats équitables devraient inclure : la définition mutuelle des priorités, une allocation de financement partagée tenant compte des coûts locaux et la copropriété intellectuelle des résultats de la recherche. De plus, les restrictions mondiales en matière de visas et d’immigration – un défi souligné dans l’éditorial de Nature – doivent être assouplies afin de garantir la libre circulation des chercheurs, et pas seulement des étudiants.

Pour que le modèle universitaire demeure une « force positive » à l’échelle mondiale et contribue à l’avenir de toutes les nations, on doit réformer d’urgence ces structures collaboratives. L’argument financier et éthique en faveur de cette réforme est clair : investir dans la recherche, c’est investir dans la croissance de toutes les économies.

Rédacteurs : Alexandra Emmanuel et Evens EmmanuelÉquipe de Recherche sur les Changements Climatiques (ERC2) - Université Quisqueya

 

Référence bibliographique

Nature. Editorial. Universities are — and must continue to be — a force for good. Nature 645, 821, 2025.

https://www.nature.com/articles/d41586-025-03065-w


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