PDF BREVES UNIQ

Il est des histoires qui méritent d’être partagées, celle que je m’apprête à vous raconter en est une. Saviez-vous que le seul hôpital en Haïti pour nos œuvres d’arts est le Centre de Conservation des biens Culturels (CCC-UniQ) qui se trouve à l’Université Quisqueya? Quand on sait qu’on parle d’un pays reconnu dans le monde pour son art et sa culture, on est en droit de s’en étonner, pourtant c’est bien la réalité.

Le CCC-UniQ inauguré en 2015 est une émanation du Centre de Sauvetage de Biens Culturels (CSBC) qui a été mis en place par la Smithsonian Institution (SI) d’un commun accord avec l’Etat haïtien, après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 qui, en plus des pertes considérables en vies humaines, avait aussi mis à mal notre patrimoine bâti ainsi que nos biens culturels.

Sa vocation première est centrée sur un domaine nouveau dans l’enseignement universitaire en Haïti, la gestion et la conservation des biens culturels. Il est aussi un lieu de formation et de recherche, un espace d’expositions et de réflexions sur les politiques culturelles. Il offre des prestations de services en restauration d’œuvres d’art et en entretien des collections.

C’est précisément ce dernier aspect qui retient notre attention ici. Celui de son laboratoire de traitement, composé de techniciens en restauration/conservation qualifiés, ayant fait l’ENARTS et ayant bénéficié de formations complémentaires dans le domaine avec les plus grandes institutions nord-américaines comme la Smithsonian et européennes comme le Cultural Emergency Response en Hollande.

Bonne nouvelle ! Les techniciens en question , sous la direction du Conservateur en chef M. Erntz Jeudi, viennent d’offrir, de leurs doigts de fée, une nouvelle vie à un tableau de grande valeur « L’Assomption de notre Dame du Bons Secours » appartenant à la Cathédrale du Cap–Haïtien et menacé d’une mort certaine, tant son état de détérioration était avancé, dû à toute sorte d’agressions, celle du temps, d’interventions abusives, bref de mauvais traitements.

Cet Œuvre majeure de notre patrimoine culturel, l’une des rares peintures iconographiques du début du 19e siècle, liée à l’imagerie catholique, à avoir survécu et présente dans l’histoire de l’art haïtien, vient de s’offrir une nouvelle jeunesse grâce à l’intervention, pour le moins, chirurgicale, de l’équipe du CCC-UniQ. Jugez-en par vous-mêmes à travers les photos montrant l’avant et l’après du travail et, pour plus de détails, suivez ce lien vers le Rapport de diagnostic et de traitement.

La mobilisation pour sauver le tableau ne s’est pas arrêté là. Il a fallu user de multiples stratagèmes pour le transporter, prendre toutes les dispositions et précautions d’usage pour le protéger durant le voyage tout en évitant de l’exposer aux dangers de l’insécurité ambiante. Encore une mission délicate qu’il a fallu assumer pour qu’il retourne sain et sauf au bercail à savoir, à la Cathédrale du Cap-Haïtien où il a été dévoilé au public le 3 août dernier.

 Morale de l’histoire, il y a des mains qui détruisent d’autres qui construisent, des mains qui tuent et d’autres qui font renaitre dans notre pays. Les forces du bien sont là mais celles du mal, pour l’heure, font plus de bruit et trouvent plus d’échos.

Il est donc crucial de mettre un projecteur, à chaque fois que cela est possible, sur le positif pour qu’un jour il triomphe.

Je conclue ici en invitant vivement celles et ceux qui possèdent des œuvres d’art en souffrance, institutions publiques, privées et particuliers, à frapper aux portes du CCC-UniQ où elles trouveront soin et réconfort.

 

Rédacteur : Cliford Jasmin, Directeur a.i du CCC

 

 


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