UniQ comme - Joseph Etienne

L’histoire du jeune Etienne Joseph, sorti du lycée national de La Saline et sur le point de décrocher avec brio son diplôme d’avocat à l’Université Quisqueya est digne d’un conte de fée.

Mais au fond cette « success story » n’a rien d’ésotérique, ni d’exotique. Elle est la résultante de deux volontés qui se rencontrent, celle de l’Université Quisqueya de tendre la main et celle d’un jeune que la société avait abandonné à son sort mais qui a décidé de le conjurer et d’avancer dans la vie.

Depuis que les quartiers difficiles du bas de la Capitale sont devenus des champs de guerre comme le dit, à juste titre, le principal concerné dans sa lettre au Recteur, rendant impossible toute vie sociale pour des millions de nos compatriotes, pour ne pas dire la vie tout court, l‘Université Quisqueya n’est pas restée les bras croisés face à cette cruelle injustice qui confisque tout droit de rêver à un bon nombre de nos jeunes. Elle est intervenue en faisant ce qu’elle sait faire le mieux : offrir un avenir aux nouvelles générations par la formation.

En effet, depuis l’année académique 2018-2019, l’UniQ accueille sur son campus, dans le cadre d’un programme intensif de rattrapage scolaire, à l’approche des examens officiels, des bacheliers et des écoliers de la 9eme année fondamentale. En guise d’exemple, en fin d’année académique 2020-2021, ce programme a impliqué 18 lycées, 5 écoles publiques d’enseignement fondamental pour un total de 5277 apprenants, dont 2720 aux examens du bac et 2507 en 9ème année. Ils venaient des quartiers de Citée soleil, de La Saline, de Bel-Air et du bas Delmas dont les écoles, à cause de la situation chaotique qui y régnait, avaient connu des dysfonctionnements majeurs, compromettant sérieusement tout espoir qu’ils réussissent aux épreuves officielles. Pour mieux comprendre, certains étudiants en classe de terminale n’avaient jamais eu, avant les cours à l’UniQ, un professeur de philosophie en face d’eux.

Durant quelques semaines, ils ont trouvé à l’UniQ tout ce qui pouvait leur manquer pour se présenter aux évaluations, le pain quotidien, celui de l’instruction et tout simplement de la considération.

Les résultats ont été probants et plus qu’encourageants, entre 80 et 100% de taux de réussite. Décidée de ne pas s’arrêter en si bon chemin, l’UniQ a aussi organisé des préfacs pour celles et ceux qui avaient validé leur diplôme de baccalauréat et a accordé des bourses d’études aux plus méritants. Et Dieu seul sait combien ils le sont ! La belle et profonde correspondance d’Etienne Joseph en témoigne de la manière la plus évidente.

Répétons-le sans relâche à nos jeunes : « le ciel est leur limite » et joignons l’action aux paroles en construisant une société où la réussite académique n’est point une chimère, où les portes de l’excellence ne restent pas fermées pour un bon nombre de nos concitoyens.

Aujourd’hui, Etienne Joseph est sur le marché du travail. Bien que motivé, il doit faire face à d’autres défis, et non des moindres : celui de la récession économique et, probablement, des préjugés de notre société. “Mache cheche pa janm domi san soupe!” Une chose est certaine, c’est que celui ou celle qui saura voir ses qualités et le recrutera fera une bonne pioche.

Encore Bravo à Etienne Joseph !

Un modèle, une preuve vivante de la force de la volonté.

 

Rédacteur : Cliford JASMIN, Chef de cabinet du Recteur

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