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Madame Yanick Lahens, membre du Haut conseil de l'Université Quisqueya, honorée du Grand prix du roman de l'Académie Française : Vives félicitations du Rectorat !
Le Rectorat de l’Université Quisqueya présente ses félicitations à Madame Yanick Lahens pour son dernier roman Passagères de nuit (2025) publié chez Sabine Wespieser et qui vient d’être couronné du Grand prix du roman de l’Académie Française.
Avec Passagères de nuit, Madame Lahens poursuit sa fresque romanesque, initiée dès l’année 2000 avec Dans la maison du père, dans laquelle elle dépeint inlassablement la face cachée de l’Histoire d’Haïti, celle des petites gens, des femmes, des paysannes… Après Alice, Man Bo, Joyeuse, Angélique, Nathalie, Brune, Olmène,… c’est au tour d’Elizabeth, Florette, Régina, Man Jo d’ajouter leurs couleurs dans le motif de cette toile. De la fin de l’Occupation américaine d’Haïti (1915-1934), la révolution de 1946, l’avènement et la chute des Duvalier, le tremblement de terre de 2010 à la gangstérisation de la terreur post-2010 qui ont constitué les toiles de fond de ses romans et nouvelles jusque-là, Lahens remonte le temps historique dans Passagères de nuit. Elle nous introduit dans l’univers de l’esclavage et de la colonisation à Saint-Domingue et en Louisiane dans la première partie de l’œuvre et dans celui du néo-esclavagisme et de la post-indépendance en Haïti sous les gouvernements de Soulouque et de Salnave dans la deuxième partie.
Passagères de nuit est une fiction sur le combat des femmes et les armes qu’elles sont amenées à se forger pour ne pas être que d’éternelles victimes dans une lutte inégale : poison, silence, adaptation, éducation…
C’est une histoire de résistance qui se déploie sur fond d’entraide, d’amour et de dignité sans faire l’impasse sur la haine de soi et la haine de l’autre qu’une histoire de violence extrême ne peut que bien souvent générer.
C’est là l’un des tours de force de ce roman d’une puissance poétique indéniable qui nous oblige à nous poser des questions fondamentales sur ce que peut bien signifier soi, autre, nous dans un monde né certes de la rencontre imposée mais où les fils sont désormais inextricablement liés.
Plus encore, Passagères de nuit, c’est un long poème sur la mémoire et le temps. Comment nous parviennent les histoires ? Comment nous y inscrivons-nous, héritières et héritiers des passagères de la première heure, de la nuit de la cale, de l’esclavage, de l’asservissement… ? Que peut donc cette histoire qui ne nous parvient qu’en seconde main ?
Refermer Passagères de nuit au bout de 219 pages et poursuivre la réflexion à laquelle elle nous invite.
Merci Yanick Lahens.
